II. Chapelle votive

La chapelle votive

Lors de l’apparition du 17 décembre 1932, les enfants demandèrent à la Vierge Marie : « Au nom du clergé, que voulez-vous que nous fassions pour vous ?
– Une chapelle ! leur répondit-elle.
– Oui, nous vous le promettons… oui, nous vous la ferons construire. »

Il faut attendre la reconnaissance du culte à Notre-Dame de Beauraing par l’autorité diocésaine en 1943, et l’acquisition du terrain pour que les travaux débutent. La chapelle dite « votive » (d’après le voeu de la Vierge Marie), fut dessinée par l’architecte beaurinois Michel Claes (1913-1995). Elle fut construite de 1947 à 1954 en pierres bleues du pays travaillées sur place à la main.

M. Claes la voulait à l’image d’une forteresse néo-romane pour évoquer ainsi la protection de la Vierge Marie.  M Claes a donc choisi de réaliser non pas de larges vitraux, mais des vitraux étroits semblables à des meurtrières. Cet aspect imposant à l’extérieur devient, pour le pèlerin qui y pénètre, une atmosphère qui l’invite à l’intériorité et à la prière.

Dans la conception de cette chapelle, l’architecte a voulu évoquer, dans le jeu du nombre des pierres, le message de Marie à Beauraing.

3 : à l’est, deux fois 3 vitraux (le 3 janvier 1933 : « Je suis laMère de Dieu, la Reine des cieux »).
5 : à l’ouest, 5 arceaux en un seul (entrée principale) et, à l’est, 5 vitraux aux arcs entrelacés comme le regard des enfants tournés vers Marie, et la cohésion de ceux-ci.
7 : au sud, 7 claveaux surmontant la chaire de vérité, appelant les 7 dons de l’Esprit-Saint ; et au nord, 7 claveaux et une tablette représentant 7 fleuves (7 sacrements) et rappelant l’intercession de Marie.
17 : à l’ouest, un arc aux 17 pierres (le 17 décembre : « Une chapelle »).
21 : au nord, 21 arêtes triangulaires (le 21 décembre : « Je suis la Vierge Immaculée ») qui rappellent aussi les rayons lumineux de sa couronne.
23 : à l’est, 23 claveaux (le 23 décembre : « Qu’on vienne ici en pèlerinage ! »)
25 : au sud, 25 arêtes de la corniche (le 25 décembre, pas d’apparition : c’est Noël).
33 : au sud, un arc aux 33 pierres (33 apparitions de Marie).

Lorsque l’on entre dans le Sanctuaire, la chapelle votive est la première construction que l’on voit. L’arrondi de son abside fait face au vent du nord, symbolisant les forces du mal, face auxquelles la Vierge Marie de
meure inébranlable et agit comme un rempart, un bouclier. Cette chapelle rappelle ainsi le manteau protecteur de la Vierge Marie, sa protection maternelle et son intercession.
Sur la gauche se trouve la pénitencerie ou couloir de la Miséricorde, qui symbolise à la fois l’homme agenouillé qui avoue ses fautes (le couloir en lui-même), et l’homme relevé ayant reçu le pardon (le campanile).
Le campanile possède trois cloches, baptisées le 13 juin 1954 et appelées Vierge immaculée (ré), Mère de Dieu (mi) et Reine des cieux (fa), c’est-à-dire les trois titres dont Marie s’est parée lors des apparitions de Beauraing.

La porte d’entrée principale est surmontée de 5 arches reposant sur 5 piliers représentant les 5 enfants. Ces arches s’élèvent pour se souder en une seule voûte, comme les voix distinctes des enfants qui montaient sur un ton élevé pour se confondre en une seule au moment des apparitions. A droite de l’entrée principale se trouve la pierre de fondation bénie par Mgr Charue, évêque de Namur, le 22 août 1947. Elle porte, gravée sur deux faces, une inscription qui résume le message de Beauraing : « Pie XII, pape, André-Marie év. le 22 août 1947, pierre d’angle, première de la cité mariale, j’ai été posée pour la cause de Notre-Dame au Coeur d’or, la conversion des pécheurs au Christ Jésus, son divin Fils. »

En pénétrant dans cette chapelle, nous accédons au Sanctuaire proprement dit, c’est-à-dire le lieu de
la prière personnelle et communautaire, de l’adoration et de la célébration eucharistique. Dans ce lieu résonne l’invitation de la Vierge Marie qui a demandé : « Priez, priez beaucoup. Priez toujours. » C’est ainsi qu’au centre de l’espace liturgique trône l’ostensoir pour l’adoration eucharistique qui a lieu tous les
jours de 14h à 17h. Cet ostensoir en bronze argenté a été créé par l’artiste Marie-Paule Haar en 1982 à
l’occasion du cinquantième anniversaire des apparitions. Il évoque la forme de l’aubépine où Marie s’est manifestée, mais aussi du buisson ardent où Dieu parlait à Moïse.

Dans le couloir de la Miséricorde se trouvent deux vitrines. La première est dédiée à la prière pour le pape ; dans celle-ci se trouve une relique du pape saint Jean-Paul II venu ici en pèlerinage le 18 mai 1985.
Cette relique est un bout de tissu de sa soutane baigné de son sang lors de l’attentat contre sa personne le 13 mai 1981 sur la place Saint-Pierre. Elle a été offerte au Sanctuaire par Mgr Rémy Vancottem, le 22 août 2014 ; ce dernier l’avait reçue lors de la célébration de la canonisation du pape Jean-Paul II à Rome au printemps de cette même année. Cette relique a d’abord été exposée dans la crypte Saint-Jean, puis déplacée à la Chapelle Votive, lors des grands travaux de réfection en 2024

La présence de cette relique est à la fois un souvenir de la venue en pèlerinage du saint pape, mais aus
si le symbole de sa présence dans ce Sanctuaire, où chacun peut se recueillir.
On peut également voir le chapelet avec lequel, saint Jean-Paul II a prié lors de sa venue et dont il a fait cadeau au Sanctuaire.

L’autre vitrine est la réalisation picturale et sculpturale de l’artiste Sabine De Coune représentant les 5 enfants en prière aux pieds de la Vierge Marie. Autour de celle-ci sont évoqués les passages du Nouveau Testament la concernant.
Au centre est placé le médaillon marial « Virgo Regina » offert en 1985 au Sanctuaire par Mgr Mathen, évêque de Namur rappelant deux des titres de Marie : « Vierge Immaculée » et « Reine des Cieux ».

Plusieurs autres oeuvres d’art sont visibles dans la chapelle Votive : dans le couloir de la miséricorde, deux icônes ont été écrites par deux grands dévots de Notre-Dame de Beauraing : Mme Astride Hild, diplomée de l’école russe (à gauche) qui y retrace les grandes lignes des évènements et des messages de la Vierge Marie ; et M. André Beniest (à droite) qui s’est concentré sur la dernière apparition, durant laquelle Marie a livré l’essentiel de son message.

Au bout de ce même couloir, au-dessus de l’autel dédié à la Vierge Marie, se trouvent
deux céramiques de M. Max Van Der Linden qui représentent Notre-Dame de Basse-
Wavre et la basilique qui lui est dédiée.

Il manquait une croix dans le Jardin des Apparitions. La Providence a voulu que le Sanctuaire reçoive, en 2021, un grand Christ provenant du calvaire de l’Institut Saint-Berthuin  à Malonne. Ce Christ en fonte, pensant plus de 300 kg, a longtemps dominé, à Malonne, le Val du Landoir, à l’intérieur de la propriété des Frères et de leur célèbre pensionnat. Il a été un lieu de prière privilégié pour celui qui, après sa canonisation, est devenu le saint Frère Mutien-Marie : il y montait tous les jours, priant son chapelet. Les Malonnois et tant
d’étudiants de l’Institut avaient pris l’habitude, comme le saint Frère Mutien-Marie, de lever les yeux vers ce grand Christ aux bras étendus, pour une brève salutation, une prière, une pensée : Dieu a tant aimé le monde !

Ce calvaire fut abîmé par les ans et les intempéries, son bois fendu, sa stabilité mise en péril. Le Christ fut descendu de son promontoire et entreposé dans un coin de l’école…
Puis, est venue la question du sort de ce Christ qui prenait malgré tout de la place. Le saint Frère Mutien-Marie et Notre-Dame n’étaient-ils pas si proches ? Le saint Frère Mutien-Marie aimait conduire à Jésus
par Marie… Priant quotidiennement le chapelet, il disait : « Oh que nous serons heureux dans nos derniers moments, si nous pouvons rendre le témoignage d’avoir offert à Marie, tous les jours de notre vie, tous ces bouquets formés des roses cueillies sur les Mystères du Rosaire » Une proposition surgit alors : l’offrir au Sanctuaire de Beauraing. Une nouvelle croix fut ainsi édifiée afin d’y recevoir ce Christ. Celle-ci fut installée tout contre la Chapelle Votive, à droite de l’entrée principale. Elle a été bénie le 14/09/2025.

En contournant ensuite la Chapelle Votive par la droite, vous découvrez l’espace de l’esplanade où sont célébrées les célébrations eucharistiques lors des mois d’été. Surplombant l’autel de célébration, vous pouvez admirer la 2ème représentation de Notre-Dame de Beauraing qui a été placée dans l’aubépine dès l’an
née 1934 jusqu’en 1946. Ce sont les soeurs bénédictines de l’abbaye de Maredret qui l’ont offerte aux Soeurs de la Doctrine Chrétienne afin de permettre aux pèlerins de prier devant une représentation plus fidèle à la vision des enfants.
Jusque là, les pèlerins priaient près d’une évocation de la grotte de Lourdes qui avait été érigée par les soeurs à leur arrivée dans ce pensionnat (voir photo ci-dessous).
Pour la réalisation du tableau, les enfants se rendirent à plusieurs reprises à l’abbaye de Maredret afin d’y rencontrer l’artiste. Dès le début, les enfants estimèrent que la peinture exécutée à Maredret était « ce qu’il y a de moins mauvais » ! Les 5 enfants reconnaissaient qu’imiter la beauté de la Vierge Marie était une chose tout bonnement impossible à réaliser.